Philosophie, la sagesse dès la maternelle

Pourquoi attendre le bac pour affiner sa pensée ? La philosophie, trop souvent confondue avec l’histoire des idées, est une discipline servant à affronter la complexité de certaines questions et à travailler son esprit critique et réflexif. La philosophie est prégnante au sein de chacune de nos écoles.

Les enfants sont curieux car ils appréhendent le monde dans toute sa nouveauté. Dès lors, ils ont besoin de se familiariser avec les concepts de beauté, de vérité, de liberté, de désir, d’amitié…etc., autant de notions qui constituent la pratique philosophique.

En les faisant échanger chaque semaine, autour d’un récit, les enfants apprennent à écouter, à affiner leurs jugements, et à accepter la complexité autant que la différence.

Marie Robert, directrice de l’école Internationale Montessori Esclaibes, diplômée en philosophie de la Sorbonne, auteur de : Kant tu ne sais plus quoi faire il reste la philo et de Descartes pour les jours de doute : Et autres philosophes inspirants aux éditions Flammarion, animera des ateliers philo dans l’école chaque semaine. L’objectif est de répondre aux questionnements métaphysiques des enfants. Comment fonctionnent les ateliers philo ? Marie nous l’explique sur le site les clefs de l’école. Concrètement :

“ Je m’installe en cercle avec les enfants en rappelant les règles d’écoute.
Quelques respirations et gestes rituels : « Nous allons rentrer en philosophie », avant de commencer par raconter une histoire. Soit inventée pour l’occasion, soit issue de la collection Les goûters philo.
Le passage par la fiction permet l’immersion. Les enfants se familiarisent avec les personnages, s’identifient…etc.
Je fais une pause dans le récit, comme une première étape, et je pose des questions :

  • Qu’ont-t-il retenu ?

  • Qu’est-ce qui les a marqué ?

  • Auraient-ils agit ainsi ?

  • Que veut dire tel ou tel mot ?

J’aiguille mes interrogations pour lancer le débat. En discutant, les enfants parviennent à une première réflexion. Ensuite, j’avance dans l’histoire qui se complexifie, qui montre quelque chose auquel on n’avait pas réfléchi.

A nouveau je pose des questions, et là ce qu’il y a de fascinant, c’est que je pourrais presque m’éclipser. Les enfants échangent, argumentent… Ils pensent ! Il affronte la complexité ! Je poursuis parfois l’histoire, puis je demande aux enfants de proposer une conclusion, non pas « une vérité » mais ce qu’ils ont retenu. “

Maria Montessori disait : “N’élevons pas nos enfants pour le monde d’aujourd’hui. Ce monde aura changé lorsqu’ils seront grands. Aussi doit-on en priorité aider l’enfant à cultiver ses facultés de création et d’adaptation.”I Nous sommes persuadés qu’une des facultés les plus essentielles à apprendre aux enfants est celle d’apprendre à penser, à s’interroger…